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Posts Tagged ‘Hugo Chávez’

Traduction: George Bastin

Le 20 mars, Gustavo Dudamel est passé par Montréal avec l’Orchestre philarmonique de Los Angeles dont il est le directeur en titre. La Presse avait déjà annoncé qu’il ne concéderait aucune entrevue pendant son séjour dans la ville, ce qui n’est guère surprenant. Au cours des dernières semaines, l’éclat des projecteurs s’est vu assombri par les manifestations d’exilés vénézuéliens qui reprochent à ce prodige de la musique son silence complice à l’égard des abus du « chavisme » et le fait qu’il se soit prêté à diriger plusieurs concerts au Venezuela au milieu de la répression brutale exercée par le gouvernement de Nicolás Maduro contre les manifestants. Aux yeux de l’opposition, le Titanic de la révolution bolivarienne coule et c’est Dudamel qui joue la musique. « Ce dernier mois n’a pas été facile » a-t-il avoué au journaliste Michael Cooper lors d’une entrevue pour la série Time Talks du New York Times, le 15 mars dernier.

C’est précisément au cours de cette entrevue que Dudamel a mentionné un point qui est passé tout à fait inaperçu : il s’est dit convaincu que « nous vivons dans le meilleur des mondes possibles » et qu’il s’identifiait au philosophe Pangloss, personnage créé par Voltaire pour son conte philosophique Candide, ou l’optimiste afin de ridiculiser le mathématicien et philosophe allemand Gottfried Wilhelm von Leibniz, qui, à la fin du 17e siècle, défendait l’idée selon laquelle, puisqu’il n’y a pas d’effet sans cause, le monde dans lequel nous vivons ne peut être que le meilleur des mondes possibles.

« Alors que je lisais le Candide de Voltaire, » dit Dudamel, « je me suis senti en communion avec Pangloss, ce philosophe qui pense que nous vivons dans le meilleur des mondes possibles. Et je le crois, parce que c’est là notre vie, nous vivons dans ce monde et devons ressentir tous les aspects de la vie : la souffrance, le bonheur, tous ces aspects humains dont nous avons besoin. Je suis convaincu que les moments que nous vivons feront que mon pays grandisse et devienne meilleur ».

Cette communion curieuse, mais qui sonne faux, de Dudamel avec Pangloss prête à de multiples interprétations. Commençons par rappeler qui était Pangloss.

À première vue, Pangloss est une espèce de philosophe hippie, un idéaliste dont les bonnes intentions le tiennent à l’écart de sa réalité la plus immédiate et brutale. Mais on découvre vite qu’il est un des nombreux adulateurs du baron de Westphalie qu’ils appellent tous « Monseigneur » et dont ils applaudissent les plaisanteries. Remplaçons « Monseigneur » par « Comandante » et la Westphalie par le Venezuela et nous aurons une symbolique bien plus actuelle.

La logique panglossienne idéaliste devient toutefois ténébreuse lorsque le philosophe affirme que les maux du monde, même ceux créés par les hommes comme les guerres, sont « indispensables » et que « les malheurs particuliers font le bien général, de sorte que plus il y a de malheurs particuliers, et plus tout est bien. » Il saute aux yeux que la mise en pratique d’un tel raisonnement en politique a été le fondement de tous les régimes fascistes qui ont marqué le 20e siècle et que son application au Venezuela durant quinze longues années a conduit le pays à la ruine et à la guerre fratricide.

À la fin du conte, Pangloss apparaîtra sous son vrai jour : celui d’un cynique ou, dans le meilleur des cas, d’une âme médiocre obstinée à mourir dans l’erreur. C’est ainsi qu’après avoir vécu mille et une tragédies, Candide demande à son maître : « Eh bien ! mon cher Pangloss, (…), quand vous avez été pendu, disséqué, roué de coups, et que vous avez ramé aux galères, avez−vous toujours pensé que tout allait le mieux du monde ? » Pangloss finit par avouer que « il avait toujours horriblement souffert ; mais ayant soutenu une fois que tout allait à merveille, il le soutenait toujours, et n’en croyait rien. » Qu’est-ce donc ce que Gustavo Dudamel admire tant de ce sinistre personnage? Veut-il suggérer par cette allusion que le Venezuela du « chavisme » est le meilleur des mondes possibles?

Dudamel Times Talk« Nous vivons un moment difficile », répond Dudamel embarrassé à la question de Michael Cooper à propos des manifestations au Venezuela. “Je crois au droit qu’ont les gens de contester, parce c’est un droit. Et je pense que l’important en ce moment est de s’asseoir et de penser. Il y a deux façons de réagir: par instinct ou par la raison. J’aime penser, parce que d’une certaine manière c’est ce que je fais. »

Il poursuit : « En tout cas, ce que je peux dire c’est que nous devons nous asseoir et respecter: respecter ce que l’autre pense, parce qu’en fin de compte c’est ça la démocratie. » « Le Venezuela est un pays jeune. Si tu regardes l’histoire du Venezuela, les deux cent dernières années, c’est une histoire courte. C’est une histoire en évolution, mais je regarde et je vois encore le Venezuela comme une belle adolescente qui cherche à trouver sa façon de vivre. » Évidemment, pour un révolutionnaire, la révolution est toujours jeune.

Dudamel devient de plus en plus embarrassé quand le journaliste insiste et lui demande, plus ou moins dans ces termes, quel est le degré de subjectivité de la raison quand la violence s’exerce davantage d’un côté (celui du gouvernement) que de l’autre (celui des manifestants). « Qui a raison? », répond Dudamel. « La raison est très subjective … Ce que je veux dire, honnêtement, c’est que je condamne fermement la violence, tout à fait, d’où qu’elle vienne, parce que la violence ne mène nulle part … C’est le moment pour mon pays de réfléchir, de dialoguer très sincèrement, respectueusement … ».

Dudamel affirme qu’il a réfléchi, pensé, pendant un mois. On peut donc en conclure que cette réflexion s’est articulée autour de l’idée que nous vivons dans le meilleur des mondes possibles et que Pangloss est un modèle à suivre. Je ne doute pas que telle soit la réalité particulière de Dudamel : un jeune Vénézuélien talentueux, d’origine humble, qui très tôt dans la vie a conquis la célébrité et la fortune. Par contre, il est impossible d’entendre parler du Venezuela d’aujourd’hui comme le meilleur des mondes possibles sans s’indigner ou du moins en rire amèrement. Dudamel ira-t-il dire aux familles des près de 200 000 Vénézuéliens assassinés par la délinquance en ces quinze ans de gouvernement chaviste qu’une telle perte, bien qu’irréparable, est survenue dans le meilleur des mondes possibles? Le dira-t-il aux milliers d’entreprises expropriées et aujourd’hui complètement ruinées, aux 16 000 employés de PDVSA (la société pétrolière d’état) illégalement licenciés pour avoir participé à une grève et aux milliers d’autres licenciés ou poursuivis pour avoir signé le référendum révocatoire contre Chávez en 2004; à la moitié du pays qui, aux dernières élections présidentielles, ont voté pour Henrique Capriles; à la population frappée par une inflation officielle de 56 % et la pénurie de produits essentiels comme le lait et le papier hygiénique; aux prisonniers politiques, et aux étudiants qui aujourd’hui manifestent dans la rue parce que le chavisme leur a volé leur avenir, ou comme ils disent, qui leur a tant pris qu’ils n’ont plus aucune peur? Est-ce que Dudamel leur dira que, même s’ils ne peuvent le voir, en réalité ils vivent dans le meilleur des mondes possibles?

Rendu à la fin de l’entrevue, Dudamel illustre son idée d’union et de convivialité: « Quand je joue dans mon pays, il y a dans le public des gens qui pensent différemment, complètement différemment. Ils occupent différentes positions sociales, ils peuvent être pauvres,  avoir de l’argent, être de religion différentes … Mais quand nous jouons, ils sont tous unis et ne pensent pas à tout cela. Le ‘Système’ est un symbole d’union. » (en référence au Programme de formation de jeunes musiciens en place depuis 1975)

Le ‘Système’ est un symbole d’union, nous dit Dudamel, parce que quand l’orchestre joue, le public se tait et oublie ses différences. Le problème, maestro, c’est que le seul régime sous lequel on dialogue en silence c’est la dictature. Les différences ne sont pas faites pour être tues ou dissimulées, mais plutôt pour être exprimées, débattues et reconnues par la majorité. Le respect consiste à reconnaître toute pensée dissidente, un principe que Voltaire a défendu avec énergie même menacé et poursuivi par l’Inquisition à la suite de la publication du Candide. Je suis porté à croire, maestro, que la raison perd de sa subjectivité quand on a une botte sur le visage, un fusil dans l’anus ou une valle dans la tête. Encore plus quand l’Assemblée nationale d’un pays met sur pied une Commission de la Vérité sans les membres de l’opposition et que le gouvernement invite ses « ennemis » à dialoguer … en les insultant.

J’aimerais savoir comment Dudamel expliquera aux 1600 jeunes détenus au cours du mois dernier pour avoir contesté le gouvernement Nicolás Maduro que les plombs reçus à bout portant, les tortures infligées et les « taxes » de jusqu’à 10 000 dollars perçues par les militaires et les policiers pour les remettre en liberté font partie du meilleur des mondes possibles. Ou s’il oserait défendre ses idées devant Marivinia Jiménez, qui a été sauvagement frappée par une milicienne et ensuite accusée de cinq crimes, dont « agression à trois fonctionnaires publics ». Et je ne mentionne même pas les familles des trente Vénézuéliennes et Vénézuéliens assassinés pendant ce mois de manifestations.

De quoi sert, finalement, de vouloir « sauver » le Système des griffes destructrices du chavisme si, comme le dit la pianiste Gabriela Montero, quand viendra l’heure nous n’aurons plus de pays.

En prison, Candide se demandait avec ironie : « Si c’est ici le meilleur des mondes possibles, que sont donc les autres? »

 

Le monde sonne bien faux, maestro. À vous d’utiliser votre énorme talent pour créer l’harmonie … ou contribuer au chaos.

 

Traduction : George Bastin

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Mi relación con Hugo Chávez no es diferente a la de cualquier otro venezolano de a pie. Pero aunque jamás lo conocí personalmente, en 1997, cursando el tercer año de la carrera de periodismo en la Universidad Católica Andrés Bello en Caracas, tuve la oportunidad de aproximarme a su figura política con un cuidado que entonces no muchos le prestaban. Para la cátedra de Socilogía Política, Maryclén Stelling pidió a sus alumnos seleccionar de entre una larga lista de a quienes entonces se les consideraba “líderes” políticos (la mayoría sepultados hoy en el basurero de la historia) algún nombre que nos interesara y que lo analizáramos a la luz de las teorías de liderazgo vistas en clase. Chávez, que en 1994 había salido de la cárcel indultado por el presidente Rafael Caldera, figuraba con 5% en las encuestas de intención de voto. Irma Álvarez, mi compañera en este trabajo, me dijo: “¿Qué te parece si estudiamos a Chávez?” Sin saber muy bien por qué, me pareció que era la opción perfecta. En ese entonces leía, o había leído, La montaña mágica de Thomas Mann y la palabra bildungsroman me rondaba la cabeza día y noche. Pensaba también en Chávez como un Conde de Montecristo que escapa milagrosamente del olvido y construye un personaje a la medida de su inmenso rencor. En todo caso, el hecho es que mientras otros grupos se peleaban por estudiar a Irene Sáez, por entonces favorita en las encuestas, Irma y yo fuimos los únicos que mostramos interés en estudiar a Chávez, nuestro loquito 5%.

Pasamos unos seis meses muy intensos recabando todo tipo de información: recortes de prensa, panfletos como el del famoso Árbol de las tres raíces, discursos, entrevistas en televisión y pare usted de contar. Echamos mano a cuanta teoría se nos atravesó, desde Etzioni hasta Luis Britto García con su Máscara del poder. Este último libro resultó de especial apoyo para estudiar las características de Chávez como líder en un momento en que su liderazgo estaba apenas gestándose. Allí, Britto tipifica el liderazgo caudillista venezolano de los siglos XIX y XX, una tipificación que es a su vez una crítica. Y fíjense lo que son las cosas, que al final resultó ser él uno de los intelectuales más fieles y apegados al líder que más profundamente ha encarnado todos los atributos caudillescos que Brito criticaba en La máscara del poder. Tras seis meses de duro trabajo, Irma y yo logramos mostrar, o más bien sugerir (al final de cuentas, es solo una tesina para una materia de tercer año de periodismo) que Chávez reunía sin lugar a dudas las cualidades de un auténtico líder. Maryclén, entonces una chavista en ciernes, nos confesaría años después que por esos días cada vez que asistía a un programa de radio para hablar de la situación política y de Chávez en particular se llevaba nuestra tesina para apoyar sus argumentos. Intuyo yo que su propósito era advertir que las encuestas no estaban reflejando el movimiento telúrico que se  gestaba a los pies de Chávez.

Ignoro si esa investigación tiene o no algún valor más allá de lo que significó y significa para quienes la hicimos. A mí me brindó algunas herramientas analíticas y me permitió seguir de cerca aquel poderoso, pero sobre todo inédito, fenómeno político. Chávez era un líder; solo era cuestión de tiempo para que lo probara. Pero todavía no me quedaba claro cuáles eran las implicaciones del cambio que representaba. Así que dos años después lo escogí de nuevo como foco de estudio. Centré mi tesis de grado en el análisis del discurso político de los dos principales contendores de la campaña presidencial de 1998: Hugo Chávez y Henrique Salas Römer. Me inventé una metodología bastante osada que costó horrores explicarle tanto a Irma como a Maryclén, ahora nuestra tutora. Analizamos 34 entrevistas (17 de Chávez, 17 de Salas Römer) concedidas en RCTV, Venevisión y Televén. Era un proyecto de investigación muy ambicioso, en realidad imposible, pues yo pretendía algo así como crear una matriz de indicadores del discurso político tradicional de los líderes venezolanos (imagínense, 200 años de liderazgos muy variopintos, demócratas y dictadores, en una matriz: un disparate, pues) para poder utilizarlo como patrón de comparación con el nuevo discurso político que en mi opinión introducía Chávez. Con todos sus defectos, esa investigación me permitió apreciar de cerca el abismo más espiritual que ideológico que se abría en el escenario político del país con el ascenso de Chávez, un abismo por el que los venezolanos votaron masivamente en diciembre de 1998 (yo jamás voté por él). Estaba aún por descubrirse si el cisma que Chávez juraba crear se materializaría realmente o si se trataba solo de una estratagema electoral. Hoy ya no quedan dudas. Quizá lo único rescatable de aquella tesis de grado sea haber logrado intuir que los cambios que Chávez introducía en el discurso e imaginario políticos venezolanos eran cambios estructurales, pues su objetivo principal era socavar los mitos fundacionales del período histórico que él bautizó como la Cuarta República y sustituirlos por un conjunto de valores y sensibilidades radicalmente opuestos, amparados en la reivindicación de una necesaria justicia social que muy pronto probaría ser el argumento perfecto para emprender la avasallante exclusión política que caracterizó sus catorce años de gobierno. Ese cambio tan profundo, concluíamos entonces, definirían forma y fondo de los discursos políticos por venir durante un tiempo imposible de determinar.

Estos dos trabajos son lo más cercano que he estado a Hugo Chávez. Mi interés, casi obsesión hacia su figura política no ha respondido jamás a identificación alguna con sus ideas o carisma. Era más bien todo lo contrario: sentía una obligación moral de acercarme y entender aquello que me resulta ajeno, incluso opuesto. Pero nadie se puede pasar la vida siendo siempre el que coloca la otra mejilla, y eso es exactamente lo que Chávez y sus acólitos han pretendido y todavía pretenden.

Chávez se encargó de dar cuerpo a muchas de las cosas que yo apenas pude intuir y otras tantas que ni siquiera llegué a imaginar desde que comencé a estudiarlo por primera vez en 1997. Lo he adversado siempre con mi voto y le he deseado siempre una muerte política, pero jamás una muerte física. Siempre tuve claro que no derrotarlo electoralmente era avanzar irremediablemente a la creación de una religión política de consecuencias imprevisibles para el país. Inicialmente pensé que la noticia de su muerte me generaría algún tipo de alivio, pero resultó más bien lo contrario: su muerte me provoca rabia y desazón, no me alegra en absoluto.

Muy tarde, derrocado y en el exilio, advirtió Carlos Andrés Pérez que con Chávez Venezuela había elegido a un vengador. Una y otra vez durante catorce años, votamos libremente por nuestro propio suicidio, pues un país que se erige sobre promesas de venganza y lealtades revanchistas solo puede presagiar tragedia. Mientras el chavismo se aboca a la fundación de su religión y a la construcción de una épica fraudulenta pero comunicacionalmente efectiva para su líder, la oposición se aferra al mantra de una reconciliación cada vez más difícil. En vida, Chávez se apoderó del país y gobernó sobre hombres y mujeres. Pero muerto, parece haberse apoderado también de las almas de los venezolanos, hermanados ahora por un odio recíproco. Su odio.

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Siguiendo un libro citado por Malcom Gladwell en su ya legendario artículo del New Yorker Small Change: Why the Revolution will not be tweeted, llego así a The Net Delusion: The Dark Side of Internet Freedom (El delirio de la red: El lado oscuro de la libertad en Internet), de Evgueny Mozorov. Mozorov es un académico estadounidense de origen bielorruso que escribe sobre política y nuevas tecnologías para la revista Foreign Policy, y por lo que parece es una referencia de cierto peso en el tema, al menos en Estados Unidos. Abro el libro y en el índice me sorprende (¿debería sorprenderme?) leer que el capítulo número cinco se titula Hugo Chavez [sic] Would Like to Welcome You to the Spinternet (Hugo Chávez te da la bienvenida al Spinternet).

 

En inglés, spin es casi una especialidad de las relaciones públicas, una forma de propaganda que consiste en ofrecer una determinada interpretación de un evento o campaña para fabricar en la opinión pública una percepción a favor o en contra de alguna organización o figura política valiéndose de todo tipo de tácticas, artimañas y manipulaciones de los hechos. En otras palabras, spin es el tipo de propaganda que se requiere para lo que comúnmente se llama “guerra sucia”. Spinternet, el término al que se refiere Mozorov en este libro, sugiere pues la existencia de un Internet con poca censura pero atiborrada de guerra sucia y propaganda gubernamental.

 

El capítulo cinco arranca con una descripción del Aló, Presidente y se concentra en una de las ediciones de marzo de 2010 (en específico, la número 354), en la que Chávez afirmó que Internet era una “trinchera de lucha” donde se libraba una conspiración contra el proceso bolivariano. En esa oportunidad también dijo que quienes usan Twitter, Internet y mensajes de texto para criticar a su régimen estaban de hecho participando en actos de terrorismo. Seguidamente, el libro destaca el viaraje de ciento ochenta grados que mostró el gobierno chavista en cuanto a su política frente a Internet. Mozorov asegura que Chávez terminó por aceptar que Internet era una fuerza contra la que no se podía luchar desde afuera, así que decidió infiltrarla. Entre las estrategias seguidas, Mozorov destaca la apertura de la cuenta @chavezcandanga, que en un mes contaba con 500 mil seguidores y hoy suma casi los tres millones.

 

Mozorov cita a Frances Caircross, quien en 1997 —en un texto canónico del cyber-utopismo— afirmó que gracias a Internet y a la gran variedad de medios de la sociedad del futuro la gente se volvería menos susceptible a la propaganda de los políticos. Bueno, ya lo ven venir. Mozorov asegura que el tiempo ha probado exactamente lo contrario. “Los gobiernos han aprendido que todavía pueden manipular conversaciones en línea ajustando ligeramente la manera en que manufacturan y empaquetan su propaganda, dando a sus más antiguos y de otra forma rancios mensajes una nueva vida y atrayendo así nuevas audiencias”.

 

Mozorov entonces se pregunta: ¿Por qué la propaganda gubernamental —y especialmente la propaganda basada en mentiras y en la distorsión de los hechos— todavía funciona en una era en que se puede encontrar en línea abundante evidencia creíble que desmiente semejante propaganda? Mozorov estima que la fácil accesibilidad de evidencia contraria a la de este tipo de propaganda no es suficiente para disipar mitos como el presentado por Caircross, debido a que estos últimos no están siempre basados en un examen racional de la evidencia. Adicionalmente, ciertas condiciones estructurales de la vida pública bajo un régimen autoritario podrían hacer que estos mitos promovidos por los propios gobiernos sean difíciles de desaparecer.

 

Venezuela entra aquí, junto con China, Rusia, Egipto (antes de la Primavera Árabe), Rumania, Bielorrusia e Irán en un selecto club de países autoritarios que se han volcado al desarrollo de verdaderas Spinternets. Mozorov refiere cómo Chávez, tras imponer su presencia en Twitter, anuncia la formación de su Guerrilla Comunicacional, una red de 75 estudiantes (75 en aquel momento, quién sabe cuántos serán hoy) entre trece y diecisiete años, a quienes supuestamente se entrena para “luchar contra los mensajes imperialistas” en las redes sociales, en las paredes, en los panfletos o mediante “intervención directa”.

 

Lo interesante de este capítulo, y del libro en general, es que ofrece la visión no solo de una persona que en su momento se tragó y promovió los mitos del mundo feliz de Internet y luego se desencantó, aturdido ante la evidencia contaria con la que se ha topado al estudiar el fenómeno. Mozorov conoce bien la realidad de Bielorrusia (no es un gringo al que le echaron un cuento) y esto le permite analizar, señalar y entender lo que representa un auténtico régimen autoritario y atesgituar la forma en que este extiende sus tentáculos, ahora digitales, para invadir Internet con fines muy distintos a la tan cacareada “transparencia radical” y el “mundo más responsable” promovidos por Mark Zuckerberg, el fundador de Facebook.

 

No es gratuito, pues, que hace unos días el inefable ministro de comunicación Andrés Izarra armara todo un alboroto y organizara un acto para celebrar el segundo aniversario de la cuenta @chavezcandanga. También ha resultado sorprendente la forma en que Twitter se ha convertido en el mejor aliado del convaleciente presidente venezolano, quien escondiéndose en Cuba para ocultar el estado real de su salud, ha terminado gobernando por la imperialista gracia de su teléfono Blackberry.

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